Comme souvent avec Valentin Ceccaldi, violoncelliste au dandysme affirmé, l’affaire a d’abord des allures de blague. Kitsch, la pochette représente un énorme citron vert posé sur un canapé de cuir rouge, dont la mèche allumée promet la prochaine explosion. Le nom du quartet, Bonbon Flamme, et le titre retenu (quelque chose comme « Têtes de mort et petits shots boum boum ») prolongent cette ouverture vers une Amérique latine d’Oreille cassée, où l’on révolutionne le matin et le soir (l’après- midi étant consacré à la sieste), souvent en vain mais avec philosophie, en témoigne le proverbial « Caramba, encore raté ! ». Après avoir choyé cadences et
intervalles au sein d’appareils richement composites, il réunit un équipage taillé pour des croisières toutes en astres et en boréals : Fulco Ottervanger, flamand d’intrépidité qui s’extasie autant aux claviers qu’il jouit de pop extatique ; Luis Lopes, qui n’a pas moins Lisbonne dans les veines qu’il rugit et transsude le blues ; et enfin Étienne Ziemniak, impétrant flexivore qui mange de la pulse à chaque repas, et même un peu avant aussi.